D’un atelier de ruelle de Kunming à votre espace de thé
Sandry Law a trouvé le prototype de ce paravent par un après-midi anormalement chaud dans une ruelle étroite près de la Hongshan East Road à Kunming. Il était en pleine tournée d’approvisionnement pour des plateaux à thé, sur la piste de camphrier ancien, lorsque l’odeur du noyer frais l’attira à travers une porte de garage entrouverte. À l’intérieur, un menuisier à la retraite nommé Lao Wei rabotait des lattes de noyer noir d’Amérique du Nord — un bois qu’il conservait depuis l’annulation d’une commande hôtelière. Les lattes étaient destinées à des têtes de lit, mais Sandry y vit autre chose : un paravent bas, de seulement 60 centimètres de haut, qui pourrait ancrer un espace de thé au sol sans l’enfermer. Ils discutèrent autour d’un thé au jasmin pendant deux heures. Lao Wei esquissa trois modèles au dos d’un paquet de papier de verre. À la tombée du jour, le premier paravent se dressait dans l’embrasure, rayant le béton de la lumière tardive. Nous travaillons désormais avec la petite équipe de Lao Wei dans le Zhejiang, où le noyer — certifié FSC, séché au four — est assemblé à double tenon et fini avec une huile de cire dure qui fait ressortir le subtil reflet brun-pourpre sans le rendre plastique brillant. Chaque paravent est numéroté et signé sur le rail inférieur du minuscule sceau de Lao Wei gravé à la main. L’équipe de Sandry inspecte chaque pièce avant expédition, vérifiant les assemblages, le fil du bois et la manière dont la lumière glisse sur la surface. Le résultat est un objet qui semble inévitable : une limite qu’on peut traverser du regard, une pause entre la chambre de thé et le reste de l’appartement.